LE MAG J&A

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Sculpteo se construit chez le numéro 1 mondial de la chimie

Deals /19 novembre 2019

Le fournisseur de services d’impression 3D, né il y a dix ans et financé par XAnge et Creadev, rejoint l’allemand BASF qui monte en puissance dans l’impression 3D.
Le fournisseur de services d’impression 3D, né il y a dix ans et financé par XAnge et Creadev, rejoint l’allemand BASF qui monte en puissance dans l’impression 3D.
 
De la matière première à la commande en ligne et l’expédition, le rapprochement de BASF et de Sculpteo forme toute la chaîne de valeur de l’impression 3D. Le numéro un mondial de la chimie rachète le français au terme d’une recherche d’industriels confiée à Clipperton Finance. « Le processus a réuni des candidats très différents. BASF apporte bien sûr son expertise industrielle mais aussi sa capacité à projeter Sculpteo à l’international », souligne Nicolas von Bülow, managing partner de la banque d’affaires. La transaction, portant sur 100 % du capital pour un montant confidentiel, devrait se finaliser dans les prochaines semaines. L’actionnariat était composé du management dont le co-fondateur Clément Moreau, qui reste opérationnel et intéressé, de Eric Carreel, également à l’origine de l’entreprise mais se consacrant aujourd’hui à Withings (lire ci-dessous), de busines angels dont Jacques Lewiner et de deux investisseurs. XAnge était entré il y a sept ans lors d’un tour initial de 2 M€ et Creadev l’avait rejoint en 2015 en menant un investissement de 5 M€ (lire ci-dessous). Un tour interne complémentaire d’1 M€ il y a deux ans, jamais annoncé, complète l’historique de financement.
 
Équilibre en passe d’être atteint
 
Depuis, Sculpteo a quasiment atteint l’équilibre, pour un chiffre d’affaires non communiqué en croissance de l’ordre de 20 %. L’effectif n’a en revanche pas évolué, à 50 salariés dont 45 en France et 5 à San Francisco. Sur les douze derniers mois, la société créée il y a dix ans a fabriqué 350 000 produits pour 30 000 clients très divers, du particulier à l’industriel concevant des prototypes ou, de plus en plus, dans une logique de véritable production en série. Elle finance ses imprimantes 3D – ses outils de production – via du leasing bancaire. « Le secteur de l’impression 3D s’industrialisant, nous avions besoin d’un rapprochement avec un industriel, qu’il soit minoritaire ou majoritaire », indique Clément Moreau.
 
BASF monte en puissance dans l’impression 3D
 
Le réseau mondial de BASF sera mis à profit afin d’augmenter la part des ventes à l’étranger dans les revenus, située autour de 25 % aujourd’hui. Le groupe allemand a déjà eu recours à des acquisitions pour se faire une place dans l’impression 3D, en rachetant par exemple Advanc3D Materials, à Hambourg, et le lyonnais Setup Performance l’année dernière. Sa filiale BASF 3D Printing Solutions est désormais co-dirigée par le Français François Minec, fondateur d’Advanc3D Materials. Autre signe d’un marché de nouveau dynamique, « après l’éclatement de la bulle de l’impression 3D en 2014 », selon Clément Moreau, le rachat fin octobre de l’américain Forecast3D par GKN Powder Metallurgy, filiale du britannique GKN.
 
Conseil juridique Joffe & Associés : (Thomas Saltiel, Paddy Pascot & Catherine Diril).