J&Actu Tech & Data

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La veille hebdo à ne pas manquer !

 

🤖 Encadrement de l’intelligence artificielle

  1. La HAS et la CNIL publient un projet de guide soumis à consultation. (5 mars 2026) https://urls.fr/HtpxAA
  2. La Commission européenne a publié la deuxième version du code de bonnes pratiques sur le marquage des contenus générés par IA, en application de l’article 50 de l’AI Act. (5 mars 2026) https://urls.fr/unnJnS

🔐 Protection des données à caractère personnel et contentieux

  1. Le Conseil d’État a confirmé la sanction de 40 millions d’euros infligée à Criteo par la CNIL. (4 mars 2026) https://urls.fr/zD8Vl3
  2. Le CEPD a publié une étude de marché sur les courtiers en données. (4 mars 2026) https://urls.fr/mQEUB4
  3. Des plaignants dans le New Jersey et en Californie poursuivent Meta pour violation présumée de la vie privée, après des révélations selon lesquelles des vidéos intimes captées par leurs lunettes connectées seraient partagées à l’insu des utilisateurs avec des sous-traitants basés au Kenya. https://urls.fr/GA_lPm

🏥 Régulation du numérique en santé

  1. Le décret n°2026-153 définissant les modalités de pénalités financières applicables aux éditeurs de services numériques en santé (SNS) en cas de non-respect des exigences de sécurité prévues à l’article L.1470-5 du Code de la santé publique ou d’absence de certificat de conformité a été publié. (4 mars 2026) https://urls.fr/i7eJ4e

🛡️Renforcement de la protection des utilisateurs face aux risques et fraudes en ligne

  1. La Commission européenne a tenu une première réunion du groupe d’experts sur la sécurité des enfants en ligne. (5 mars 2026) https://urls.fr/J3ItTN
  2. Dans l’affaire C-70/25, l’avocat général Rantos a considéré qu’en vertu du droit de l’Union, une banque ne peut pas refuser de procéder au remboursement immédiat du montant d’une opération non autorisée au motif d’une négligence grave du client. (5 mars 2026) https://urls.fr/xHNE2E

Entrée en vigueur de la 13e édition de la classification de Nice

La 13ᵉ édition de la classification de Nice, entrée en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2026, a modifié le classement de plusieurs produits et services, notamment dans les secteurs de l’optique, du bien-être ou encore des transports.

 

Parmi les principales évolutions :

 

  • les huiles essentielles sont désormais classées selon leur usage : cosmétique en classe 3, médical en classe 5 ou alimentaire en classe 30 ;
  • les lunettes, lentilles et accessoires optiques quittent la classe 9 pour la classe 10, considérés comme dispositifs médicaux, seules les lunettes à vocation scientifique restent en classe 9 ;
  • les vêtements chauffants deviennent des vêtements à part entière désormais visés en classe 25 et les véhicules de secours passent en classe 12.

Les marques françaises en vigueur au 1er janvier 2026 restent valables en l’état et la reclassification n’interviendra qu’au moment du renouvellement.

 

Une difficulté pourrait toutefois apparaître avant cette échéance en cas d’extension internationale d’une marque française. Dans cette hypothèse, le déposant pourrait recevoir une notification d’irrégularité l’invitant à adapter la rédaction des produits et services afin de les rendre conformes à la classification en vigueur. Des propositions de régularisation seraient alors émises par l’INPI.

 

Par ailleurs, dans l’hypothèse où la reclassification conduirait à l’ajout d’une nouvelle classe non initialement visée par la marque, le déposant devra s’acquitter de la redevance complémentaire de 40 euros. Si à l’issue de cette reclassification, la classe initialement visée ne présente plus d’intérêt (par exemple, si elle ne comporte plus aucun produit/service ou si les produits/services restants n’ont plus d’intérêt), le déposant devrait pouvoir y renoncer. Le cas échéant, aucun paiement complémentaire ne devrait être dû, le nombre total de classes restant inchangé.

 

Pour les marques de l’Union européenne et les enregistrements internationaux, aucun mécanisme de reclassification ne sera mis en place pour les enregistrements en vigueur au 1er janvier 2026 : seuls les nouveaux dépôts devront respecter la nouvelle classification.

 

En pratique, cette nouvelle édition ne modifie pas fondamentalement les stratégies de dépôt de marque. Toutefois, des ajustements pourront s’avérer nécessaires, tant lors du renouvellement que lors du dépôt de nouvelles marques, si les titres concernés sont affectés par ces évolutions.

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La veille hebdo à ne pas manquer !

 

🔎 Intensification des actions des autorités européennes en matière de protection des données personnelles

  1. L’autorité italienne de protection des données a ordonné à Amazon de cesser de conserver des données sensibles de plus de 1 800 employés. (24 février 2026) https://urls.fr/bI7-ZG
  2. L’autorité britannique de protection des données a sanctionné Reddit à hauteur de 14,47 millions de livres pour manquements au respect de la vie privée des enfants. (24 février 2026) https://urls.fr/jJgF5z

⚖️ Renforcement des instruments de régulation de la CNIL en matière de protection des données

  1. La CNIL a lancé une consultation publique sur son projet de recommandation concernant les outils de rejeu de session qui permettent le suivi et l’analyse du comportement en ligne des utilisateurs.  (25 février 2026) https://urls.fr/4-NZ5P
  2. La CNIL a mis à jour ses tables informatique et libertés destinées aux professionnels et universitaires qui consolident l’essentiel de la jurisprudence et de la pratique décisionnelle en matière de protection des données à caractère personnel. (2 mars 2026) https://urls.fr/CO2vDe

🔒 Renforcement des exigences en matière de cybersécurité et de gestion des incidents

  1. L’ANSSI a mis à jour son MOOC SecNumacadémie. (24 février 2026) https://urls.fr/uubtbu
  2. Après la confirmation par le Conseil d’État de la sanction CNIL de 800 000 € à l’encontre de Cegedim Santé, la société a annoncé avoir été victime, depuis fin 2025, d’un incident de cybersécurité affectant 15 millions de personnes, dont 164 000 données sensibles. (26 février 2026) https://urls.fr/BqzsE2

⏳ À suivre

  1. La Commission européenne a présenté une proposition de loi relative à la sécurisation des marchés publics numériques. (25 février 2026) https://urls.fr/kVsAmP
  2. L’avocat général Rantos a proposé le rejet des pourvois de Meta Platforms Ireland dans le cadre d’une enquête pour abus de position dominante sur l’utilisation des données Facebook Data et le service Facebook Marketplace. (26 février 2026) https://urls.fr/neJh2N

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Retrouvez la veille Tech & Data : le nouveau rendez-vous hebdomadaire lancé par Joffe & Associés !

 

⚖️ Suivi des directives européennes

1. Le Conseil de l’Union européenne a adopté la directive issue du premier paquet « omnibus », révisant les directives CSRD (reporting de durabilité) et CS3D (devoir de vigilance). (24 février 2026) (Source)

2. Malgré la pression européenne, la transposition de la directive NIS2 en France est toujours retardée par des blocages politiques, techniques et des débats sur le chiffrement. (24 février 2026) (Source)

 

🤖 Montée en puissance du contrôle des usages de l’IA

3. Plus de 60 autorités de protection des données ont adopté une déclaration commune sur les images générées par l’IA et les enjeux de vie privée. (23 février 2026) (Source)

4. L’autorité irlandaise a ouvert une enquête européenne visant X, le réseau social d’Elon Musk, concernant la diffusion de deepfakes sexuels générés par son IA Grok. (17 février 2026) (Source)

 

🔐 Précisions du cadre européen en matière de données à caractère personnel

5. Le CEPD a publié un rapport de synthèse sur l’anonymisation et la pseudonymisation, suite à l’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne du 4 septembre 2025 (affaire C-413/23 P EDPS c. SRB). (18 février 2026) (Source)

6. Le CEPD a publié un rapport issu de son action coordonnée sur le droit à l’effacement qui vise à vérifier l’exercice de ce droit ainsi qu’à évaluer la façon dont les responsables de traitement s’y conforment. (18 février 2026) (Source)

 

🔎 Intensification des contrôles et enquêtes

7. La CNIL a conduit des contrôles en 2025 pour vérifier la mise en œuvre du droit à l’effacement dans le cadre d’une action coordonnée européenne, représentant près de 37 % des plaintes reçues par la CNIL. (18 février 2026) (Source)

8. La Commission européenne a ouvert une enquête contre Shein sur le fondement du Digital Services Act (DSA). (17 février 2026) (Source)

Newsletter IT-DATA Février 2026

Violation de données : La CNIL impose une sanction de 42 millions d’euros à l’encontre des sociétés Free Mobile et Free (13 janvier 2026)

 

En octobre 2024, une attaque a compromis le système d’information des sociétés Free Mobile et Free, exposant les données à caractère personnel de 24 millions d’abonnés, dont des IBAN pour les clients communs. Suite à plus de 2 500 plaintes, la CNIL a constaté des manquements au RGPD, imputables à chacune des sociétés pour le traitement des données à caractère personnel de leurs abonnés.

 

Tout d’abord, la CNIL a relevé que Free Mobile et Free n’avaient pas mis en place des mesures de sécurité suffisantes conformément à l’article 32 du RGPD, notamment pour l’authentification VPN et la détection d’activités anormales, exposant les données des abonnés. Les sociétés ont été enjointes à finaliser leurs renforcements de sécurité sous trois mois.

 

La CNIL a également relevé que Free Mobile et Free avaient informé les abonnés par la violation par courriel et via un numéro vert / dispositif interne, mais que le courriel ne contenait pas toutes les informations requises par l’article 34 RGPD, ne permettant pas aux personnes concernées de comprendre pleinement les conséquences de la violation, ni les mesures de protection à prendre.

 

Enfin, la CNIL a constaté que Free Mobile conservait des millions de données à caractère personnel d’anciens abonnés sans justification, au-delà de la durée nécessaire à des fins comptables. La société a commencé à trier et supprimer les données excédentaires et a été enjointe de finaliser cette opération sous six mois.

 

  • Pour plus d’informations sur le sujet, cliquez ici.

 

Le rapport « Influence et réseaux sociaux » a été remis au gouvernement (13 janvier 2026)

 

Deux ans et demi après la promulgation de la loi n°2023-451 du 9 juin 2023 encadrant l’influence commerciale, un rapport parlementaire présenté le 13 janvier 2026 dresse un bilan globalement positif du dispositif existant. La loi a produit un effet pédagogique réel, renforçant la transparence des communications commerciales et la confiance dans l’économie numérique, tout en luttant plus efficacement contre les pratiques trompeuses.

 

Le rapport souligne toutefois la persistance de nouvelles dérives, liées à l’évolution rapide des usages et des technologies. Les lives monétisés, en particulier sur certaines plateformes comme TikTok, sont identifiés comme un point de vigilance majeur, notamment en raison des mécanismes financiers intégrés, des risques de pratiques commerciales agressives et de l’exposition accrue des mineurs.

 

Pour y répondre, les parlementaires formulent 78 recommandations, dont plusieurs mesures clés :

 

      • la création d’un enregistrement obligatoire des agents d’influenceurs, afin de professionnaliser le secteur, ce qui impliquera la vérification des antécédents judiciaires ;
      • le renforcement de l’encadrement des formations en ligne promues par des influenceurs, avec l’instauration d’un régime d’autorisation préalable ;
      • un renforcement des obligations pesant sur les plateformes, notamment en matière de protection des utilisateurs, de transparence des flux financiers et de limitation de l’accès des mineurs à certains contenus ;
      • un encadrement accru des promotions sensibles (alcool, santé, jeux, contenus pour adultes), y compris lorsque celles-ci reposent sur des outils reposant sur de l’IA générative.

 

Le rapport souligne l’insuffisance des moyens opérationnels des autorités de contrôle, notamment la DGCCRF, l’ARCOM et l’AMF, confrontées à la masse considérable de contenus diffusés quotidiennement sur les plateformes. Il préconise un renforcement des capacités de veille et de détection automatisée, une meilleure coordination et mutualisation des informations entre acteurs publics, ainsi que la création d’un portail-guichet unique de signalement des « désordres numériques », rattaché aux services du Premier ministre, afin de structurer et centraliser la réponse publique.

 

Ces travaux devraient nourrir le dépôt prochain d’un projet de « loi influenceurs 2 », destiné à adapter le cadre juridique aux évolutions technologiques et aux nouveaux modèles économiques de l’influence.

 

  • Pour plus d’informations sur le sujet, cliquez ici.

 

Airbnb n’a pas la qualité d’hébergeur et peut être jugée responsable des annonces illicites  (7 janvier 2026)

 

Par deux arrêts rendus le 7 janvier 2026, la Cour de cassation s’est prononcée sur la responsabilité de la plateforme Airbnb en cas de sous-locations réalisées sans l’autorisation du bailleur.

 

Dans la première affaire, une locataire d’un logement social avait sous-loué son appartement, situé dans une zone touristique, sans l’accord de son bailleur. Dans la seconde, une locataire d’un logement parisien avait également procédé à des sous-locations de courte durée, sans autorisation écrite de la propriétaire, en violation de l’article 8 de la loi du 6 juillet 1989. Dans les deux cas, les bailleurs ont sollicité la restitution des loyers perçus et recherché la responsabilité d’Airbnb.

 

Les juridictions du fond ont adopté des analyses divergentes. Dans une première affaire, la Cour d’appel a reconnu à Airbnb la qualité d’hébergeur au sens de la loi pour la confiance dans l’économie numérique (LCEN), excluant ainsi toute responsabilité de la plateforme. Dans la seconde, la Cour d’appel a, au contraire, considéré qu’Airbnb jouait un rôle dépassant celui d’un simple intermédiaire technique et pouvait, à ce titre, être condamnée.

 

La Cour de cassation rappelle que le bénéfice du régime d’exonération de responsabilité prévu par la LCEN est strictement réservé aux opérateurs adoptant un rôle neutre, purement technique et passif dans le stockage et la mise à disposition des contenus fournis par les utilisateurs. Un tel statut suppose l’absence de connaissance et de contrôle sur les offres diffusées.

 

Or, la Cour de cassation relève qu’Airbnb organise et encadre de manière active le fonctionnement de sa plateforme. En effet, elle impose des règles aux utilisateurs, intervient dans le processus de publication et de transaction, et met en avant certaines offres ou certains hôtes. Ces éléments traduisent une immixtion dans la relation entre les hôtes et les voyageurs et confèrent à la plateforme une capacité d’influence incompatible avec la neutralité requise d’un hébergeur.

 

En conséquence, la Cour de cassation exclut la qualification d’hébergeur pour Airbnb et juge que la plateforme ne peut donc pas bénéficier de l’exonération de responsabilité prévue à ce titre. Airbnb peut donc voir sa responsabilité engagée en cas de sous-location illicite.

 

 

La Commission européenne prépare le Digital Fairness Act

 

La Commission européenne prépare le Digital Fairness Act (DFA), une future initiative législative destinée à compléter le Digital Services Act (DSA) et le Digital Markets Act (DMA) en renforçant la protection des consommateurs dans l’environnement numérique.

 

Le DFA s’inscrit dans le prolongement du « Fitness Check » lancé en 2022 et publié en octobre 2024, qui a évalué l’efficacité de trois directives clés (UCPD, CRD et UCTD). Cette analyse conclut que, bien que ces textes restent pertinents, ils ne permettent que partiellement d’atteindre leurs objectifs face aux pratiques numériques contemporaines. Les consommateurs sont en effet aujourd’hui exposés à des interfaces trompeuses ou addictives, à des formes de personnalisation exploitant leurs vulnérabilités, à des difficultés de résiliation d’abonnements numériques, ainsi qu’à des clauses contractuelles déséquilibrées. Le préjudice financier annuel est estimé à au moins 7,9 milliards d’euros pour les consommateurs de l’Union Européenne, sans tenir compte des atteintes psychologiques (lien).

 

Dans ce contexte, le DFA visera à lutter contre les dark patterns, la conception addictive des produits numériques, le marketing trompeur des influenceurs, le profilage en ligne abusif et certaines pratiques liées aux abonnements. Une attention particulière sera accordée à la protection des mineurs et des consommateurs vulnérables. Le texte cherchera également à renforcer la sécurité juridique et à limiter les risques de fragmentation réglementaire, alors que plusieurs États membres envisagent des initiatives nationales.

 

Le texte fera l’objet d’une proposition officielle au Parlement et au Conseil au troisième trimestre 2026, après laquelle sa forme juridique (règlement autonome ou directive ciblée) sera précisée.

 

  • Pour plus d’informations sur le sujet : cliquez ici.

E-commerce : nouvelle fonctionnalité obligatoire de rétractation en ligne

Par une ordonnance n° 2026-5 du 5 janvier 2026, dont les modalités d’application sont précisées par le décret n° 2026-3, le législateur a instauré de nouvelles obligations applicables à l’ensemble des contrats de consommation conclus en ligne à compter du 19 juin 2026. Cette ordonnance modifie l’article L. 221-21 du Code de la consommation et introduit un nouvel article D. 221-5.

 

À compter du 19 juin 2026, tout professionnel concluant un contrat à distance au moyen d’une interface en ligne (site internet, application, etc.) sera tenu :

 

      • de mettre à la disposition des consommateurs une fonctionnalité leur permettant d’exercer gratuitement leur droit de rétractation ;
      • de respecter une nouvelle obligation précontractuelle d’information relative à l’existence de cette fonctionnalité et à ses modalités d’accès, ce qui implique une mise à jour des Conditions générales de vente en ce sens.

 

L’article D. 221-5 du Code de la consommation précise les exigences applicables à cette fonctionnalité.  À ce titre, celle-ci devra, sur l’interface en ligne :

 

      • être identifiée de manière claire et lisible par la mention « renoncer au contrat ici » ou toute formule équivalente, non équivoque ;
      • être facilement accessible ;
      • demeurer disponible pendant toute la durée du délai de rétractation.

En pratique, le professionnel devra donc prévoir un « bouton » de rétractation.

 

      • Une fois la déclaration de rétractation complétée, le consommateur devra pouvoir la valider au moyen d’une fonctionnalité de confirmation distincte. Cette fonctionnalité devra également être identifiée de manière lisible par la mention «confirmer la rétractation» ou par toute formule analogue, claire et dépourvue d’ambiguïté.
      • Enfin, le professionnel devra adresser au consommateur, dans un délai raisonnable, un accusé de réception de la déclaration de rétractation sur support papier ou sur tout autre support durable. Cet accusé de réception devra notamment mentionner le contenu de la déclaration ainsi que la date et l’heure de son envoi.
      • L’obligation, prévue à l’article L. 221-21 du Code de la consommation, de mettre à disposition un formulaire de rétractation demeure inchangée. Ce formulaire doit donc être conservé, la nouvelle fonctionnalité venant s’y ajouter et non s’y substituer.

Newsletter – Droit Public janvier 2026

Projet de loi-cadre relatif au développement des transports

 

Annoncé à l’issue de la conférence Ambition France transports de juillet 2025 et initialement prévu pour la fin de l’année dernière, le projet de loi-cadre pour le développement des transports a été transmis le 12 janvier dernier au Conseil d’Etat, au CESE ainsi qu’au CNEN.

 

Cette loi-cadre, dite « principielle », a pour objectif principal la rénovation des réseaux de transports ainsi que la délicate question de son financement. Le cœur du projet repose sur le principe de lois de programmation, adossées à des audits indépendants et à un contrôle renforcé, destiné à objectiver l’état des réseaux, ainsi que la « dette grise ».

 

A ce stade, les concepts évoqués restent flous et leurs modalités parfois à peine évoquées. Sont en tout cas présentés ci-après les éléments saillants de ce projet, tel qu’il existe aujourd’hui.

 

I. Identification des défis auxquels se trouve confronté le secteur des transports

 

L’exposé des motifs accompagnant le projet de loi-cadre observe quatre grands défis qui nécessiteront des investissements importants dans les décennies à venir.

 

1° Mettre à niveau les infrastructures existantes : améliorer la disponibilité et la qualité des réseaux menacés par les sous-investissements, en tenant compte des enjeux climatiques et sécuritaires ;

 

2° Faire face au réchauffement climatique : moderniser et régénérer les infrastructures existantes ;

 

3° Renforcer la résilience : adapter les infrastructures aux enjeux climatiques (diminuer les risques de dégradation des infrastructures face aux fortes chaleurs, sécheresses, inondations, etc) et géopolitiques (prévoir la circulation de matériels militaires) ; et,

 

4° Résoudre les tensions sociales : répondre aux besoins de mobilité des citoyens, notamment en améliorant l’offre de transports collectifs, insuffisante dans les territoires périurbains et ruraux

 

II. Financement du secteur des transports autour de cinq grands principes

 

1° Principe de l’élaboration d’une loi de programmation pluriannuelle d’investissements pour la modernisation des infrastructures de transports existantes et des ressources associées ;

 

2° « Priorité absolue » des investissements à la régénération et à la modernisation des infrastructures existantes, en mettant en évidence un besoin d’environ 3 milliards d’euros supplémentaires par an sur la période 2026-2031 pour leur mise à niveau ;

 

3° Affectation des recettes issues des modes de transport les plus carbonés au financement des mobilités alternatives.

 

4° Définir des mécanismes redonnant de la soutenabilité financière aux réseaux de transport, en favorisant le modèle économique des autorités organisatrices de la mobilité.

 

5° Elargir la mobilisation de financements privés, notamment via des contrats de partenariats ou « d’autres montages financiers innovants » sans en préciser la teneur.

 

III. Mesures phares du projet de loi-cadre

 

Le projet est structuré autour de cinq titres qui balaye les principaux modes de transports :
– Titre 1er – Dispositions relatives aux réseaux routiers ;
– Titre II – Dispositions relatives aux transports ferroviaires ;
– Titre III – Dispositions relatives aux transports en commun ;
– Titre IV – Dispositions relatives au fret ;
– Titre V – Dispositions transverses.

 

Il comprend notamment les dispositions suivantes :

 

• L’article  1er renvoie à des lois de programmation, dont la première affecterait la totalité des recettes publiques des futures concessions autoroutières au financement des transports via l’AFITF. 
Les péages seraient maintenus après 2031, dans un cadre de gestion renouvelé et plus transparent. Environ 2,5  milliards d’euros issus de la fin des concessions serviraient à soutenir d’autres modes de transport, notamment le ferroviaire, dont SNCF Réseau. Le détail financier sera fixé dans la loi de programmation ou le contrat de performance État–SNCF Réseau.

 

• L’article 5 entend décaler de deux ans, de 2027 à 2029, le désendettement de SNCF Réseau prévue par la réforme ferroviaire de 2018. « Bien que le ratio [entre la dette et sa marge opérationnelle] ait été fortement amélioré, l’objectif initialement fixé n’est pas atteignable à la date du 31 décembre 2026, sauf à diminuer les investissements de régénération et de renouvellement dans le réseau ferré national », est-il expliqué dans l’exposé des motifs.

 

• L’article 6 autorise, au sein du Groupe SNCF Réseau, la mise en place de montages financiers dits « subsidiary quasy equity » permettant l’apport temporaire en jouissance à une société de biens, notamment lorsqu’ils relèvent du domaine public, le tout sous réserve de l’autorisation préalable de l’Etat (in fine propriétaire des biens de SNCF Réseau).

 

• L’article 10 fait évoluer les missions de la société de grands projets (SGP) dans la réalisation des projets de services express régionaux métropolitains (SERM), l’objectif étant de faire de la SGP un opérateur de référence de l’Etat pour le développement et la coordination des SERM.

 

• L’article 11 prévoit l’indexation automatique des tarifs des transports en commun sur l’inflation, afin d’inciter les autorités organisatrices des mobilités (AOM) à actualiser leur tarif en instaurant le principe d’une augmentation annuelle automatique basée sur des indices définis dans des conditions précisées par arrêté du ministre chargé des transport. Afin de préserver le principe de libre administration des collectivités territoriales, la loi-cadre prévoit toutefois la faculté pour les AOM de décider la non-augmentation par délibération.

 

• L’article 18 prévoit enfin notamment la possibilité de reconnaître la raison d’intérêt public majeur (RIIMP) plus tôt dans la vie des projets, afin de réduire le risque que les décisions de justice n’interviennent alors que les travaux auraient été engagés (cf. l’épisode de l’A69). La reconnaissance de la RIIMP pourrait ainsi intervenir dès le stade de la déclaration d’utilité publique et non pas simplement à celui de l’autorisation environnementale.

 

Le texte devrait être examiné le 4 février prochain en conseil des ministres. Aucune date n’a pour le moment été prévue pour son examen au Parlement.

 

Loi influenceurs, le seuil de contractualisation obligatoire est enfin fixé

Le tant attendu décret relatif au seuil de contractualisation obligatoire concernant les influenceurs a été publié le 28 novembre 2025 (décret n° 2025-1137).

 

Pour rappel, l’article 8, I, de la loi n° 2023-451 du 9 juin 2023 sur l’influence commerciale prévoit l’obligation d’un contrat écrit comportant plusieurs mentions et clauses obligatoires lorsque celui-ci est passé entre une personne physique ou morale exerçant l’activité d’influence commerciale et une personne physique ou morale exerçant l’activité d’agent d’influenceur ou l’activité d’annonceur ou, le cas échéant, leurs mandataires.

 

Le respect de ce formalisme n’est toutefois pas obligatoire « lorsque la rémunération de l’activité d’influence commerciale par voie électronique concernée ou la valeur totale cumulée de l’avantage en nature concédé en échange de celle-ci est inférieure à un montant défini par décret en Conseil d’Etat ».

 

Le décret n° 2025-1137 du 28 novembre 2025 fixe ce seuil de contractualisation obligatoire à 1.000€ hors taxes, au global, par an et pour un même annonceur poursuivant un même objectif promotionnel.

 

Autrement dit, depuis le 1er janvier 2026, tout contrat entre un influenceur et un annonceur doit, sous peine de nullité, être rédigé par écrit et inclure l’ensemble des mentions et clauses obligatoires listées à l’article 8 lorsque la somme des rémunérations versées et de la valeur des avantages en nature accordés à un influenceur par un annonceur, au cours de la même année, et pour un même objectif promotionnel, est supérieure ou égale à 1.000€ hors taxes.

Géraldine Lepeytre et Blaise Deltombe pour l’ANDRH

📚 L’ANDRH publie un entretien avec nos associés en droit social, Géraldine Lepeytre et Blaise Deltombe, dans un hors-série Grand Paris.

 

Géraldine et Blaise y partagent leur approche en matière d’accompagnement des directions RH sur plusieurs sujets clés : 

 

  • Réorganisation d’entreprise
  • Prévention des risques sociaux
  • Harcèlement
  • Enquêtes internes
  • Qualité de vie au travail

L’intégralité de l’article est à retrouver ci-dessous.

 

STÉPHANIE MILANO ET SEAN SURPAL POUR OPTION DROIT & AFFAIRES

Stéphanie Milano et Sean Surpal analysent dans Option Droit & Affaires l’Arbitration Act 2025 qui redéfinit les pratiques anglaises et procède à un rapprochement historique avec le droit de l’arbitrage français : loi applicable du siège, devoir de divulgation renforcé, encadrement de la démission des arbitres.

 

L’objectif ? Maintenir la première place mondiale de Londres en arbitrage international face à Singapour et Hong Kong en renforçant la sécurité et la prévisibilité juridique.

 

🔍 Les points clés de la réforme :
✅La loi du siège consacrée comme règle par défaut de la clause compromissoire.
✅Pouvoir de sentence sommaire pour accélérer les procédures.
✅Devoir de divulgation étendu des arbitres, avec une transparence absolue.
✅Limitation des recours en annulation pour incompétence du tribunal arbitral.

 

Ces évolutions offrent des opportunités stratégiques pour les entreprises françaises et les praticiens du droit, tout en soulignant les défis liés aux différences structurelles entre les systèmes d’arbitrage français et anglais.

 

L’intégralité de l’article est à retrouver ci-dessous.