Géraldine Lepeytre pour Sports Stratégies

Le contrat de travail intermittent dans la convention collective nationale du sport : un outil de flexibilité pour l’embauche des enseignants de tennis au sein des clubs

 

Les clubs de tennis se caractérisent par une forte variabilité de leur activité. Saisonnalité, dépendance aux adhésions, conditions climatiques ou encore organisation de compétitions ou de stages influent directement sur les besoins en encadrement. Dans ce contexte, le recours au contrat à durée déterminée s’avère souvent inadapté ou juridiquement risqué.

 

La Convention Collective Nationale du Sport prévoit un dispositif spécifique : le contrat de travail à durée indéterminée intermittent (CDII). Ce contrat constitue un outil juridique particulièrement pertinent pour répondre aux besoins de flexibilité des clubs de tennis, en permettant de pourvoir des postes permanents sans recourir à la succession de CDD précaires tout en sécurisant les relations de travail.

 

I. Le cadre juridique du CDII dans la convention collective du sport

 

Le contrat à durée indéterminée intermittent est un contrat destiné à pourvoir des emplois permanents comportant une alternance de périodes travaillées et non travaillées, avec un encadrement légal (articles L.3123-34, L.3121-36 et L.3123-38 du Code du travail) et conventionnel spécifique (articles 4.5.1 à 4.5.3 de la CCNS) garantissant pour les enseignants de tennis notamment une stabilité d’emploi et des droits proches de ceux d’un salarié sous contrat à durée indéterminée classique.

 

Il se distingue du contrat à durée indéterminée classique en ce qu’il repose sur une logique d’intervention ponctuelle ou irrégulière, tout en s’inscrivant dans une relation de travail suivie.

 

Le recours au CDII est conditionné à :

    • l’existence d’un emploi éligible limitativement listé par la Convention Collective du Sport notamment un emploi lié à l’animation, l’enseignement, l’encadrement et l’entrainement des activités physiques et sportives,
    • l’existence d’un besoin non permanent ou fluctuant,
    • l’impossibilité de recourir efficacement à un CDI classique.

 

La Convention collective du sport exige que le contrat intermittent mentionne :

    • la durée annuelle minimale dans la limite de 36 semaines (avec dérogation possible moyennant majoration),
    • les périodes de travail,
    • la répartition des heures de travail à l’intérieur de ces périodes,
    • les conditions de modification de ces périodes et la date de début du cycle annuel, permettant au salarié de connaître à l’avance ses périodes d’activité et d’inactivité.

 

II. Un outil particulièrement adapté aux clubs de tennis

 

Les clubs de tennis connaissent de fortes fluctuations d’activité durant l’année liées au rythme scolaire, aux compétitions, aux animations sportives, mais également à la variation du nombre d’adhérents ainsi qu’à la météo pour les structures extérieures.

 

Le volume horaire peut ainsi varier significativement au cours de l’année.

 

Le recours à des enseignants indépendants ou auto-entrepreneurs est fréquent dans les clubs, mais juridiquement fragile (risque de requalification en contrat de travail, redressement URSSAF pour travail dissimulé) notamment lorsque ces enseignants intègrent un service organisé.

 

Le CDII permet :

    • d’ajuster le volume de travail aux besoins réels du club ;
    • d’éviter la rigidité d’un CDI à temps plein ou partiel : la Cour de cassation souligne que, juridiquement, « le travail intermittent se distingue du travail à temps partiel en ce qu’il est destiné à pourvoir des emplois permanents comportant une alternance entre périodes travaillées et périodes non travaillées » (Cour de cassation, 2 mars 2016, 14-23.009 et 14-23.216). Cette qualification autonome a pour conséquence que les règles contraignantes du temps partiel (par exemple celles relatives à la modification automatique de l’horaire contractuel en cas d’heures complémentaires fréquentes) ne s’appliquent pas aux contrats intermittents,
    • de sécuriser juridiquement des situations parfois gérées de manière informelle.

 

III. Les avantages et limites du CDII pour les clubs de tennis

 

Le CDII présente plusieurs atouts majeurs :

    • Flexibilité : adaptation fine aux besoins réels du club
    • Sécurité juridique pour les deux parties : cadre conventionnel clair
    • Attractivité pour l’enseignant : statut salarié plus protecteur que celui du prestataire (accès à la protection sociale salariée) ; droits identiques à ceux des salariés à temps complet (durée, lissage de la rémunération, congés)
    • Gestion du calendrier simplifiée : possibilité de planifier des interventions discontinues.

 

Le CDII nécessite néanmoins une mise en œuvre rigoureuse :

    • Respect strict des conditions de recours
    • Rédaction soignée et précise du contrat (durée, missions, volume horaire)
    • Gestion administrative légèrement plus lourde que pour un prestataire de services

 

CONCLUSION

 

Le CDII prévue par la Convention Collective du Sport constitue un outil juridique pertinent pour les clubs de tennis souhaitant concilier flexibilité organisationnelle et sécurité juridique.

 

En offrant un contrat à durée indéterminée articulé autour d’une alternance de périodes travaillées et non travaillées, avec une durée annuelle minimale garantie, un possible lissage de la rémunération et des droits assimilés à ceux d’un salarié à temps complet, il répond aux réalités du terrain tout en offrant un cadre protecteur pour les salariés.

 

Son utilisation doit toutefois s’inscrire dans une stratégie RH maîtrisée, respectueuse des règles conventionnelles et du droit du travail.

 

Utilisé à bon escient, le CDII peut devenir un levier structurant pour le développement des clubs, en professionnalisant la gestion de l’encadrement sportif par une fidélisation du corps enseignant.

J&Actu Tech & Data

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La veille hebdo à ne pas manquer !

 

Régulation européenne des plateformes numériques et de l’intelligence artificielle

📋 La Commission européenne a publié un projet de lignes directrices relatif à la classification des systèmes d’intelligence artificielle à haut risque. (19 mai 2026)

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🇪🇺 La commission des affaires européennes du Sénat a adopté un rapport d’information ainsi qu’une proposition de résolution européenne relatifs à l’omnibus numérique européen présenté par la Commission européenne. (19 mai 2026)

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📱 La CJUE a examiné le pourvoi de ByteDance contre la confirmation par le Tribunal de la désignation de TikTok comme contrôleur d’accès (gatekeeper) conformément au DMA. (12 mai 2026)

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Protection des données à caractère personnel

📊 La CNIL a publié son bilan et ses actions marquantes de 2025. (18 mai 2026)

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🛡️ La CNIL et l’autorité fédérale allemande de protection des données (BfDI) ont analysé les enjeux de l’euro numérique sur la vie privée des européens. (13 mai 2026)

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Droit de la presse

🗞️ La CJUE a estimé que les États membres peuvent instaurer un droit à rémunération équitable au profit des éditeurs de presse lorsqu’ils autorisent des fournisseurs de services en ligne à utiliser leurs publications. (12 mai 2026)

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⚖️ La chambre criminelle de la Cour de cassation a rappelé qu’en application de l’article 49 de la loi du 29 juillet 1881, le désistement de la partie civile concernant l’un des prévenus poursuivis pour les mêmes faits de diffamation ou d’injure produit un effet in rem. (12 mai 2026)

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J&Actu Tech & Data

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La veille hebdo à ne pas manquer !

 

Encadrement des usages des données à caractère personnel

⚠️ La CNIL a alerté sur les risques que le développement des lunettes connectées fait peser sur la vie privée. (11 mai 2026)

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📊 La CNIL a publié sa recommandation sur l’utilisation de données personnelles pour l’évaluation de la solvabilité dans l’octroi de crédit. (7 mai 2026)

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📘 Le Contrôleur Européen de la Protection des Données a publié son rapport annuel 2025 : protéger les personnes dans un monde numérique en mutation.

(7 mai 2026)

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Encadrement de l’intelligence artificielle

🤖 Un accord a été trouvé entre le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne concernant le report de l’entrée en vigueur de certaines obligations prévues par l’IA Act. (7 mai 2026)

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Transposition de la directive NIS 2

🛡️ La directive NIS 2 a été transposée en droit luxembourgeois. (5 mai 2026)

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EMILIE DE VAUCRESSON POUR CHALLENGES

Les pionniers des lunettes connectées repoussent l’horizon. Décryptage d’Emilie de Vaucresson dans Challenges.

 

Quinze ans après l’échec des Google Glass, les lunettes connectées connaissent un nouvel essor grâce aux progrès de l’intelligence artificielle, de la miniaturisation et des interfaces vocales.

Porté notamment par Mark Zuckerberg et Meta, le marché décolle rapidement, avec des appareils capables de filmer, traduire, diffuser du son ou assister l’utilisateur dans ses tâches quotidiennes. Plusieurs acteurs cherchent désormais à imposer leurs modèles, dans l’espoir de faire des lunettes intelligentes le successeur du smartphone.

 

Au-delà des usages grand public, ces technologies ouvrent aussi des perspectives importantes pour l’accessibilité, notamment pour les personnes malvoyantes. Toutefois, leur développement soulève plusieurs enjeux autour de la surveillance et de la collecte de données personnelles, en particulier avec les fonctions de reconnaissance faciale et d’analyse vidéo permanente.

 

Dans cet article, Emilie de Vaucresson souligne que « le Règlement général sur la protection des données interdit le traitement des données biométriques hors cadre particulier ». Selon elle, certaines fonctionnalités, notamment la reconnaissance faciale, devraient être désactivées pour respecter les règles européennes de protection de la vie privée.

 

 

Véronique Dahan pour Option Droit & Affaires

IA générative : vers une évolution pragmatique du droit dauteur

 

La résolution adoptée par le Parlement européen le 10 mars 2026 marque une étape décisive dans la reconnaissance des tensions entre intelligence artificielle générative et droits dauteur. Sans bouleverser immédiatement les équilibres existants, elle dessine une trajectoire claire : adapter les mécanismes juridiques à une réalité technologique qui les dépasse. Entre clarification, régulation et pragmatisme économique, lEurope amorce une mutation.

 

L’essor fulgurant des modèles d’intelligence artificielle générative bouscule l’industrie créative. En quelques années, ces modèles d’IA ont démontré leur capacité à produire des contenus textuels, visuels ou sonores d’une qualité inédite, reposant sur l’analyse massive de données préexistantes. Or, ce processus même d’entrainement des modèles repose sur l’utilisation d’œuvres protégées, très souvent sans autorisation explicite ni rémunération des titulaires de droits. C’est dans ce contexte que la résolution du Parlement européen du 10 mars 2026 intervient, non pas comme une révolution normative immédiate, mais comme un signal politique fort.

 

Un cadre juridique sous tension

 

Le premier constat posé est celui d’une inadéquation croissante entre le cadre actuel du droit d’auteur et les usages liés à l’IA générative. Si des exceptions comme le text and data mining existent déjà en droit européen, leur application à des modèles commerciaux de grande ampleur reste incertaine. La frontière entre usage légitime et contrefaçon demeure floue, créant une insécurité juridique tant pour les développeurs que pour les ayants droit et in fine également pour les utilisateurs finaux.

 

Cette incertitude est d’autant plus problématique qu’elle intervient dans un contexte économique où les enjeux sont considérables. Les entreprises développant ces technologies ont besoin de sécurité pour investir, tandis que les créateurs et les industries culturelles exigent des garanties quant à l’utilisation et à la valorisation de leurs œuvres. Le statu quo n’est donc plus tenable.

 

La question centrale de la transparence

 

Parmi les axes structurants de la résolution de mars 2026, la transparence occupe une place centrale. Savoir quelles données ont été utilisées pour entraîner un modèle devient un enjeu clé, tant pour les titulaires de droits que pour les régulateurs. Sans cette visibilité, il est impossible d’évaluer les atteintes potentielles au droit d’auteur ou d’envisager des mécanismes de compensation.

 

Cependant, la mise en œuvre de cette transparence soulève des défis techniques et économiques. Les bases de données d’entrainement sont souvent gigantesques, hétérogènes et évolutives. Exiger une traçabilité exhaustive pourrait s’avérer irréaliste, voire contre-productive. L’enjeu sera donc de trouver un équilibre entre exigence de transparence et faisabilité opérationnelle, possiblement à travers des standards sectoriels ou des obligations proportionnées.

 

Vers des mécanismes de licence adaptés

 

La résolution ouvre également la voie à une réflexion sur l’adaptation des mécanismes de licence. Les modèles traditionnels, conçus pour des usages ponctuels et identifiables, peinent à s’appliquer à des processus d’entrainement massifs et continus. Dans ce contexte, l’idée d’accords collectifs sectoriels apparaît comme une piste prometteuse.

 

Ces accords permettraient de mutualiser les droits et de simplifier l’accès aux contenus, tout en garantissant une rémunération aux créateurs. Ils pourraient s’inspirer de modèles existants dans d’autres secteurs, comme la gestion collective des droits musicaux. Toutefois, leur mise en place nécessitera une coordination étroite entre acteurs publics et privés, ainsi qu’une capacité à représenter efficacement la diversité des ayants droit.

 

Lenjeu stratégique de lopt-out

 

Un autre point clé concerne le renforcement des mécanismes d’opt-out. Aujourd’hui, les titulaires de droits peuvent théoriquement s’opposer à l’utilisation de leurs œuvres pour le text and data mining, mais les modalités pratiques restent limitées et peu harmonisées. La résolution de mars 2026 appelle à rendre ces mécanismes réellement opérationnels et standardisés.

 

L’enjeu est double : permettre aux créateurs d’exercer un contrôle effectif sur l’usage de leurs œuvres, tout en évitant de fragmenter excessivement l’accès aux données. Là encore, la standardisation — notamment via des protocoles techniques lisibles par les machines — sera déterminante pour assurer l’efficacité du dispositif.

 

Redéfinir la notion d’œuvre à l’ère de lIA

 

Enfin, la résolution réaffirme un principe fondamental : les contenus entièrement générés par une intelligence artificielle ne devraient pas bénéficier de la protection du droit d’auteur. Cette position, cohérente avec la tradition européenne qui lie cette protection à l’originalité et à l’intervention humaine, vise à préserver la spécificité de la création intellectuelle.

 

Elle soulève néanmoins des questions complexes dans les cas hybrides, où l’IA intervient comme outil au service d’une démarche créative humaine. La frontière entre assistance et substitution devient alors difficile à tracer. C’est probablement dans cette zone grise que se joueront les débats futurs, notamment autour de la notion d’« apport créatif suffisant ».

 

Au-delà des ajustements techniques, la résolution du 10 mars 2026 esquisse une transformation plus profonde : celle d’un droit d’auteur appelé à devenir plus flexible, plus négocié et plus interopérable avec les réalités technologiques. L’enjeu n’est pas seulement de protéger les créateurs ou de permettre l’innovation, mais de construire un cadre capable de concilier durablement ces deux impératifs.

 

Cette tribune est à retrouver au sein du numéro 766 d’Option Droit & Affaires et sur leur site. (réservée aux abonnés)

 

 

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La veille hebdo à ne pas manquer !

 

Encadrement européen du numérique

  • 📺 La CJUE a jugé que la retransmission par un système de câbles vers les chambres d’une résidence pour personnes âgées des émissions de télévision et de radio captées au moyen d’une antenne satellitaire ne constitue pas une communication au public au sens du droit de l’Union. (30 avril 2026)
  • Source 

 

  • 🌐 La Commission européenne a clôturé la consultation publique relative à la procédure de spécification concernant Alphabet et le partage des données de Google Search conformément au DMA. (1er mai 2026)
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Protection des données à caractère personnel

  • 🛡️ La CNIL a approuvé le premier code de conduite RGPD de portée nationale. (28 avril 2026)
  • Source 

 

  • ⚖️ L’association NOYB a saisi l’autorité autrichienne de protection des données afin qu’elle sanctionne LinkedIn, contestant le fait que la plateforme conditionne l’accès à la liste des utilisateurs ayant consulté un profil à la souscription d’un abonnement Premium (29,99 €/mois), alors que, selon elle, ces informations constituent des données à caractère personnel devant être communiquées gratuitement au titre du droit d’accès consacré par l’article 15 du RGPD. (5 mai 2026)
  • Source 

 

Encadrement de l’intelligence artificielle

  • 🏛️ Le débat sur la « double conformité » dans le cadre de l’AI Omnibus a ralenti les négociations européennes. (28 avril 2026)
  • Source 

 

  • 👥 Selon une enquête du Groupe VYV et de la CNIL menée dans quatre pays européens, près de 9 jeunes sur 10 utilisent une IA conversationnelle en France et près d’un sur deux y évoque des sujets personnels. (5 mai 2026)
  • Source 

 

Cybersécurité

  • 🔍 L’ANSSI maintient le projet Keysas, outil accessible à tous permettant de vérifier la sécurité de documents provenant de sources peu sûres. (29 avril 2026)
  • Source

 

J&Actu Tech & Data

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La veille hebdo à ne pas manquer !

 

Encadrement des traitements de données à caractère personnel

🔒 La CNIL a approuvé le code de conduite porté par l’Alliance du Commerce qui aide les commerçants français du secteur de l’habillement et de la chaussure à s’engager en faveur de la protection de leurs clients. (28 avril 2026)

Source : https://urls.fr/ZdWVah

 

Encadrement des risques cyber

🌐 L’ANSSI, en collaboration avec la CNIL, a publié un guide qui présente les mesures de sécurité applicables au vote par internet pour les élections non politiques. (24 avril 2026)

Source : https://urls.fr/culHys

 

🛠️ Après l’incident de sécurité numérique identifié le mercredi 15 avril 2026, l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) poursuit les mesures de renforcement de sécurité de son portail. (20 avril 2026)

Source : https://urls.fr/EDcI8p

Newsletter – Droit commercial

Concerts de Céline Dion à Paris : ouverture d’une enquête de la DGCCRF ciblant de potentielles « pratiques commerciales trompeuses » de certaines plateformes de vente de billets en ligne après une hausse soudaine des prix au moment du paiement.

 

1. Qu’est-ce que la tarification dynamique ?

 

La « tarification dynamique » également appelée « yield management » désigne la technique par laquelle une entreprise ajuste le prix de ses biens et services en temps réel en fonction de certains critères déterminés tels que :

 

  • la demande ;
  • la disponibilité des stocks ;
  • la politique tarifaire des concurrents ;
  • les périodes et la saisonnalité (jours fériés, événements, ) ;
  • le comportement des consommateurs.

 

En pratique, les entreprises ont recours à des algorithmes de tarification capables d’exploiter de grands volumes de données diversifiées pour déterminer, en temps réel, les règles de tarification optimales dans une logique de maximisation de leurs revenus.

 

Longtemps cantonnée aux secteurs des transports (trains, avions, etc.), l’hôtellerie, la billetterie sportive et de spectacles ou encore l’énergie, cette pratique s’étend désormais à tout secteur caractérisé par une demande variable, dès lors qu’une flexibilité tarifaire est susceptible de générer un avantage concurrentiel tangible.

 

A titre d’exemple, plus une place de concert est recherchée, plus son prix augmente. Cette modulation des prix s’est particulièrement illustrée lors de la vente des billets pour les concerts de Céline Dion : le prix effectivement payé par les consommateurs a parfois doublé ou triplé le prix annoncé.

 

En réponse aux accusations selon lesquelles le prix facturé différait de celui indiqué dans le panier d’achat, AXS, plateforme officielle de billetterie, a admis l’existence de fluctuations tarifaires, qu’elle impute à un « problème technique temporaire ».

 

2. La tarification dynamique : une pratique autorisée en France… mais encadrée

 

En France, la tarification dynamique est autorisée sur le fondement de l’article L. 410-2 du Code de commerce, qui consacre le principe de libre fixation des prix, sous réserve pour le professionnel :

 

  • d’informer clairement le consommateur de toute variation tarifaire préalablement à tout paiement, conformément à l’article L. 221-5 du Code de la consommation ; et

 

Si le contenu précis de cette information n’est pas défini par les textes, le Conseil national de la consommation recommande une information simple et intelligible notamment sur les principaux paramètres de variation du prix.

 

  • de s’assurer que le mécanisme de tarification demeure loyal, non abusif et non discriminatoire.

 

Le non-respect de ces exigences expose notamment les entreprises à des poursuites, par la DGCCRF, pour pratiques commerciales trompeuses dès lors que la divergence entre le prix communiqué et le prix effectivement débité est susceptible d’avoir influencé l’acte d’achat du consommateur.

 

Depuis une loi n°2024-420 du 10 mai 2024 qui a modifié l’article L. 132-2 du Code de la consommation, les pratiques commerciales trompeuses commises par l’intermédiaire « d’un support numérique ou électronique » sont sanctionnées par :

 

  • une peine maximale de 5 ans de prison ;
  • une amende d’un montant maximal de 750 000 euros pour les personnes physiques ; et
  • une amende d’un montant maximal de 3,75 millions d’euros pour les personnes morales.

 

3. Quels risques la tarification dynamique fait-elle peser pour les consommateurs ?

 

Cette modulation de prix soulève une typologie de risques pour les consommateurs :

 

  • le risque de discrimination : pour optimiser les prix, les algorithmes peuvent traiter des informations sensibles (âge, sexe, origine, ) et ainsi renforcer, à terme, des inégalités entre consommateurs ;
  • le risque de manque de transparence : le fonctionnement des algorithmes est souvent complexe à expliquer aux consommateurs, ce qui engendre une opacité à leur égard et les prive, in fine, de la possibilité de comparer efficacement les prix ;
  • le risque de non-conformité réglementaire : ces algorithmes peuvent enfreindre les réglementations relatives à la concurrence ou la protection des données et leur complexité rend leur contrôle par les autorités compétentes particulièrement ardu.

 

Pour pallier ces risques, le consommateur peut notamment :

 

  • comparer les prix en utilisant plusieurs plateformes avant de procéder à son achat ;
  • paramétrer ses réglages afin de limiter le partage de ses données personnelles et désactiver les cookies;
  • privilégier des périodes moins exposées aux hausses tarifaires prévisibles (par exemple les jours fériés) et anticiper autant que possible ses achats.

 

Au vu de la prolifération de ce phénomène et des risques associés, des propositions d’évolutions juridiques sont en cours.

J&Actu Tech & Data

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La veille hebdo à ne pas manquer !

 

Encadrement des analyses d’impact

  • Le CEPD lance une consultation publique jusqu’au 9 juin 2026 sur un modèle européen harmonisé destiné à aider les responsables de traitement à documenter leurs analyses d’impact relatives à la protection des données. (AIPD) (16 avril 2026)

Source : https://urls.fr/SL34dV

 

Encadrement de l’accès des mineurs en ligne

  • La Commission européenne lance une application de vérification de l’âge pour protéger les enfants contre les contenus inappropriés en ligne. (15 avril 2026)

Source : https://urls.fr/a_U0Nu

 

Encadrement de la recherche scientifique

  • Le CEPD a adopté le 15 avril 2026 des lignes directrices sur le traitement des données personnelles à des fins de recherche scientifique, soumises à consultation publique jusqu’au 25 juin 2026. (16 avril 2026).

Source : https://urls.fr/UJWDg5

 

Incident de sécurité

  • L’ANTS a détecté le 15 avril 2026 un incident de sécurité sur le portail ants.gouv.fr susceptible d’avoir entraîné la divulgation de données personnelles de comptes particuliers et professionnels, ayant donné lieu à une notification à la CNIL et un signalement au Parquet de Paris. (15 avril 2026)

Source : https://urls.fr/MMgd6L

J&Actu Tech & Data

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Encadrement de l’utilisation de l’intelligence artificielle

  • La Commission européenne a dressé un premier bilan du plan d’action « AI Continent », visant à faire de l’UE un pôle majeur d’innovation et d’adoption de l’intelligence artificielle. (9 avril 2026) https://urls.fr/sjSnuY
  • Le Sénat a adopté une proposition de loi relative à l’instauration d’une présomption d’utilisation des contenus culturels par les fournisseurs d’intelligence artificielle. (9 avril 2026) https://urls.fr/8FJE6l

Encadrement de la protection des données à caractère personnel

  • A l’occasion des élections municipales 2026, la CNIL a reçu plus de 730 signalements et a engagé quatre contrôles ainsi qu’une procédure de sanction simplifiée. (8 avril 2026) https://urls.fr/GIST3D
  • Le CEPD a publié son rapport annuel 2025. (9 avril 2026) https://urls.fr/0slX-1
  • La CNIL a publié des recommandations concernant les pixels de suivi dans les courriers électroniques pour mieux protéger la vie privée. (14 avril 2026) https://urls.fr/iFgNQN

Vers un encadrement des risques numériques

  • L’ANSSI a publié la feuille de route des efforts prioritaires en matière de sécurité numérique de l’Etat 2026-2027. (9 avril 2026) https://urls.fr/Gny4gF
  • Les résultats des exercices de suivi au titre du code de conduite révisé sur la lutte contre les discours de haine illégaux ont été publiés par la Commission européenne. (10 avril 2026) https://urls.fr/3bnTUT